Apprendre et désapprendre. Codes et secrets.

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Apprendre et désapprendre. Codes et secrets.

3 février 2012. Mumbai, Inde.

Il est 5 heure du mat’, l’avion vient d’atterrir. Je prends le bus depuis l’aéroport en direction de la gare centrale.
Sur la route je vois des bidons ville, dans toutes les rues des familles entières endormies à même le sol… 
Le soleil se lève tout doucement et je décide de descendre du bus et de continuer mon chemin à pieds. J’avance en essayant d’éviter les rats et surtout de bien faire attention où je mets les pieds. Des sourires échangés, des regards croisés… malgré la misère, je ressens une certaine hospitalité.

Je vois cet homme qui se lavait le visage dans une flaque d’eau, il devait avoir le même âge que moi. Il m’intrigue : j’ai vu un sourire immense qui illuminait la ruelle que je désirai traverser. Il avait l’air tellement en paix avec lui-même. Je ne comprenais pas. Ce soir je sais ou dormir, j’ai le ventre plein et j’ai la possibilité de rentrer chez moi quand je veux. J’ai mon cadre de confort. Et pourtant, ce mec qui vit dans la rue et se lave dans de l’eau sale est plus heureux que moi. Je ne comprends vraiment pas et je me dis qu’on m’a menti. Oui, on m’a menti sur la notion du bonheur. J’ai étudié le business à l’école et on ne parlait qu’en chiffres. J y ai appris que tout va bien seulement quand son bilan est positif (faire du bif, en d’autres termes lol). Mais ce mec là ne sait probablement même pas compter et il est heureux comme personne ! 

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Son sourire me restera gravé dans ma mémoire durant tout mon voyage en Inde et je me suis demandé quotidiennement quel est son secret.


Apprendre et désapprendre de manière continuelle. Ce qui est juste et vrai dans une région du Monde ne l’est pas forcement dans la région voisine. Les codes changent et il faut savoir les décrypter pour vivre en harmonie avec les locaux. “Être dans le temps” comme me disait un gars de Ouaga. Désapprendre, une notion que l’on ne nous enseigne pas à l’école.
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24 janvier 2014. Frontière entre le Burkina Faso et le Bénin.

“Le blanc ! Le blanc !” Quelqu’un me tapote l’épaule pour me réveiller. Je le reconnais, on était ensemble hier sur la route depuis Ouagadougou. On a dormi dans la rue, chacun de son côté. Il me tend un cafe, n’attend pas de merci de ma part et s’en va avec le sourire. Le mec n’a pas besoin de fausses politesses. Il m’a expliqué que ça lui a fait plaisir d’avoir discuté avec moi la veille.
Hier on a passé une journée galère. Le premier véhicule qu’on a prit de Ouaga a percuté un poteau dans un Check point. Le véhicule est endommagé mais tout le monde va bien. Une autre voiture nous a récupéré depuis le check point, une Peugeot 505. On était sensé aller jusqu’à Paraku au bénin mais le chauffeur nous a tous fait descendre à la frontière en plein milieu de la nuit.

Je n’ai pas pris de photos depuis 3 jours. Certaines choses se vivent et ne doivent pas être partagé. Certaines paroles sont dites et ne doivent pas révélé. Des codes que l’on m’a enseigné au Bénin. Ici, au-delà des codes, on parle de secrets. Je passe à la partie mystique de ce voyage.