“Mais c’est impossible. Il n’y a pas de route monsieur.” & “Syndrome Orangina.”

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Bruxelles, 18 novembre 2013

Je suis à la “Travel Clinic” de l’hôpital Cesar de Paepe. Dans quelques jours, je compte prendre la route pour atteindre Kinshasa. J’ai hâte de partir mais avant je dois me faire vacciner. Je prends un formulaire à complet avant de passer chez le médecin. 
“Quels pays allez-vous visiter?” 
J’en ai aucune idée, je connais juste le point de départ et celui d’arrivée. Je note alors : “Bruxelles-Kinshasa par la route”.

– “Mais c’est impossible. Il n’y a pas de route monsieur.” me dit, d’un air surpris, le secrétaire du département vaccination. “Ah je comprends maintenant, vous êtes marin ! Je suis moi-même congolais, j’en reviens d’ailleurs. J’ai bronzésé mais vous ne le voyez pas, vous.” me rajoute-t-il.

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Kinshasa, 27 Février 2014

Belgique > France > Espagne > Maroc > Mauritanie > Senegal > Gambie > Senegal > Guinée Bissau > Guinée Conakry > Mali > Burkina Faso > Benin > Nigeria > Cameroun > Congo Brazzaville > RDC -> KINSHASA !!!

J’y suis arrivée ! J’ai atteint mon objectif !

En traversant le fleuve Congo, qui rallie Brazzaville à Kinshasa, je me suis remémoré ce voyage. Ce voyage que j’ai réalisé de Bruxelles à Kinshasa, du coeur de l’Europe au coeur de l’Afrique, tout seul et par la route.

J’ai vu d’immenses villes en béton se transformer en dunes de sable. Ces dunes se sont transformées, au fil des kilomètres, en villages composés de maisons de pailles et celles-ci ont ensuite fait place à d’énormes forêts aux végétations luxuriantes. 

J’ai entendu les langues se modifier au fur et à mesure de cette aventure et les chants populaires de chaque régions guider mes pas. Dans le désert du Sahara, j’ai appris à écouter une chose qui a toujours été là mais que j’ai toujours ignoré : le silence. 

J’ai senti l’odeur du cuir marocain et l’odeur si particulière que prend la terre après la pluie malienne.

J’ai touché le sable brulant du Sahara, les instruments de musique du Burkina Faso et les serpents sacrées du Bénin.

J’ai gouté au savoureux couscous marocain, au délicieux “poulet yassa” sénégalais et au succulent pondu congolais.

Mes 5 sens n’ont pas suffit lors de ce voyage en Afrique. J’ai pu aller au-delà et du coup, voir et sentir les choses d’une manière différente. Quelque chose de difficile à expliquer mais je vous invite à vous aventurer dans ce continent, vous “verrez” de par vous-même.

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Syndrome Orangina.

Lors du lancement de la boisson Orangina, les responsables ont du faire face à un problème lors de la production de leur produit : toute la pulpe restait au fond de la bouteille. Ils ont fait preuve d’originalité en transformant ce problème en avantage avec le fameux “Secouez-moi”, qui devient le slogan d’Orangina. L’idée du secouement devient un vrai “plus” du produit.

N’importe lequel de mes proches vous le confirmera : je n’ai aucun sens de l’orientation. Je me perds sans cesse. Au début je prenais ça comme un défaut, voir même comme une malédiction. En voyageant, j’ai été forcé à toujours demander mon chemin aux locaux et ça m’a permis de dépendre et d’être proche d’eux. En m’aventurant dans des pays inconnus, je me suis perdu. Malgré moi je me retrouvais dans des endroits où aucun touristes ne mettent pas les pieds mais oh combien merveilleux. 

Au départ je pensais réellement que voyager sans sens de l’orientation était un défaut mais aujourd’hui, je suis persuadé qu’il s’agit d’une bénédiction.

Je zigzague la planète sans but précis. Voyageur sans aucun sens de l’orientation, j’aime me perdre pour mieux me retrouver. Bruxelles comme point de chute.

Ici et là. Mais plus par là. 

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J’ai dormi chez l’habitant, dans des auberges, sur les dunes du Sahara, dans la rue, dans des églises et des mosquées mais là je vous avoue que mon lit m’avait manqué. Je profite un peu de la rumba congolaise et je rentre !

Merci à toutes les personnes qui m’ont encouragé pendant ce voyage, vous m’avez transmis enormément de force  #TravelWithMe

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3 > 6 janvier : On est ensemble (Casamance, le grenier du Sénégal)

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La Casamance, c’est mon coup de coeur au Sénégal. La région est particulière pour différentes raisons. Pour commencer, sa situation enclavé entre la Gambie, anglophone, et la Guinée Bissau, lusophone. La route pour y accéder est vraiment mauvaise, à croire qu’on a voulu l’isoler pour éviter des soulèvements, j’y reviens plus tard. Ensuite, ici tout est vert ! D’ailleurs la Casamance est surnommé “Le Grenier du Sénégal” car c’est ici que le pays puise ses matières premières.

A peine arrivé à Ziguichor, je croise Stephane, un backpacker antillais que j’avais rencontré à mon arrivé au pays. Je quitte rapidement la ville pour Ossouye, plus isolée, moins touristique et donc plus authentique. J’y rencontre des personnes improbables et fabuleuses comme Mr. Obama. Il m’a parlé de ce “Roi des rois, président de tous les Nations du Monde” :

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Avec mon pote Stephane, on loué des vélos pour faire un tour de la région. Le paysage y est tellement fabuleux que nous devions nous arrêter tous les 2 km pour admirer le paysage. Le tourisme y est faible car, suite aux nombreuses guerres dans la régions, les parcs sont encore minés. L’armée y est présente et on a pu apercevoir, à minuit, des militaires marcher dans les rues armés de lance rocket et d’autres armes du genre. Cependant il n’y a rien à craindre. Je pense.
Entre Mloemp et Elkine on entend de la musique et des gens chanter. On s’arrête. Une “Messe-Anniversaire”, on y fête les un an de la mort d’une des femmes du village :

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On nous parle et nous explique l’histoire de la Casamance et de la frustration de son peuple. Le gouvernement les isole, ne leur donne rien et leur prends tout. “Chez nous, les gens ne partent pas en Europe ! On a tout ici, quand la sécheresse ne nous attaque pas. L’huile et le vin de palme, on l’avait découvert avant l’arrivée des “Toubab” (blancs) et maintenant ils se l’approprient. Pendant la seconde guerre mondiale, les français mangeaient notre riz et maintenant ils sont où ?!”

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A chaque fois que j’ai eu un pépin, on m’a soutenu et on me disait, sans rien attendre en retour :
“On est ensemble”. Les gens sont bons, simples et ont un coeur immense. Quand j’explique mon voyage, on me dit : “C’est ça la vie”. Ca me fait vraiment mal au coeur de quitter ce pays, celui de la Teranga, mais j’ai encore de la route à faire ! Kinshasa, ce n’est pas à côté.

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